« Dialogue avec le ciel »

Extrait

« La main »


La châtelaine : Mais que faîtes-vous, depuis le tout début du mois, et cela fait bien dix jours et dix nuits, que faîtes-vous à contempler le ciel jusques aux larmes dans vos yeux ? Le labeur n’est-il si grand que vous ne preniez repos et votre amour pour moi ne se fane-t-il bien trop soudain ?

Le châtelain : Voyez-vous, quand de mes bonnes terres bien fumées, je récolte bonne corde à tout, treillis pour les sacs de récolte, toiles grossières et centenaires, huile de chènevis pour l’éclairage, quand j’arpente mes terres et que je fais tout valoir de notre château de mes propres mains...

La châtelaine : Et des miennes, ne l’oubliez pas.

Le châtelain : Et des vôtres, ô ma mie, comme je sais, et que je mesure tant et tant tout ce que je détiens, quelquefois, ce soir par exemple, déjà depuis dix soirs, regardant le ciel, je m’en remets au dé et je vois que ni vous ni moi, ma mie, ne tenons rien et que...

La châtelaine : Je sais...

Le châtelain : Je sais que vous savez, que le ciel nous tient...

La châtelaine : Votre main...